Guillaume Bapst, directeur de l’Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires (A.N.D.E.S), a remis le 3 mars 2010 à Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, le rapport d’évaluation du dispositif mis en place par l’A.N.D.E.S. sur le Marché d’intérêt National (M.I.N.) de Rungis depuis avril 2008.
Cette expérimentation consiste à collecter des fruits et légumes invendus auprès des grossistes de Rungis pour ensuite les acheminer vers les épiceries sociales et les associations distributrices de colis en Île-de-France. Ces fruits et légumes frais sont ensuite distribués gratuitement, par le biais de colis, ou vendus dans les épiceries sociales à un prix modique (quelques dizaines de centimes le kilo) à des personnes en situation de précarité.
L’évaluation de cette expérimentation a permis de montrer que la mise à disposition de fruits et légumes frais a un impact positif sur la diversification de l’alimentation des bénéficiaires de l’aide alimentaire. Elle se traduit par une augmentation de la quantité et de la fréquence de consommation de ces produits.
Des ateliers culinaires : facteurs d’alimentation équilibrée et d’insertion sociale
Cependant, la consommation des fruits et légumes chez les personnes interrogées reste bien en deçà des recommandations formulées par les instances de santé publique (« au moins 5 fruits et légumes par jour » selon les repères du PNNS) et cela, malgré leur accessibilité financière.
En effet, au-delà des contraintes matérielles, il existe un ensemble de freins d’ordre socioculturels à la consommation de ces produits : manque de savoir-faire culinaire pour les préparer, absence d’habitude de consommation, faible attrait sensoriel pour les fruits et légumes auxquels on préfère des produits gras ou sucrés, manque de motivation pour faire les courses, la cuisine ou simplement se mettre à table.
La multiplicité et la diversité de ces freins montrent la nécessité de proposer des actions d’accompagnement, de type « ateliers culinaires » afin de créer les conditions et l’envie nécessaires pour préparer, cuisiner et consommer ces aliments.
Quelques chiffres
Dans les épiceries solidaires proposant des fruits et des légumes :
82 % des personnes déclarent acheter des fruits et légumes à chacun de leurs passages.
Le jour de l’entretien, 56 % des interviewés avaient acheté au moins 3 fruits différents et 42 % au moins 3 légumes différents.
Elles sont deux fois plus nombreuses à déclarer consommer au moins 2 fruits par jour que les personnes qui fréquentent une épicerie ne proposant pas ces produits (43% contre 23%). La proportion est de 52% contre 30% pour les légumes.
Dans une épicerie solidaire ne proposant par de fruits et légumes :
près de 9 usagers sur 10 affirment que si leur structure en proposait, ils en achèteraient à chacun de leurs passages.
Dans les structures distributrices de colis alimentaires :
55 % des personnes concernées déclarent consommer chaque jour des légumes frais quand leur structure leur en propose.
L’ensemble des résultats de cette étude est consultable en ligne sur :
www.epiceries-solidaires.org (rubrique Etudes) et www.lagenerationactive.fr
L’Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires, A.N.D.E.S., est une tête de réseau associative qui soutient le développement des épiceries sociales et solidaires sur le territoire national. Elle fête ses 10 ans cette année.
C’est l’un des principaux réseaux de l’aide alimentaire en France, aux côtés de la Croix Rouge, de la Fédération Française des Banques Alimentaires, de la Fédération Nationale des Paniers de la Mer, des Restos du Cœur et du Secours Populaire.