"Il a été confirmé que la contamination est liée à une entreprise recyclant des déchets de boulangerie", a indiqué Nina Papadoulaki, porte-parole de la Commission responsable des questions de santé. "La façon dont la contamination a eu lieu doit encore être clarifiée", a-t-elle ajouté. La police irlandaise orientait lundi son enquête vers les producteurs d'aliments pour porc, et notamment une usine du groupe Millstream Power Recycling Limited située près de Fenagh (comté de Carlow, sud-ouest). Le problème pourrait venir d'une huile utilisée pour faire fonctionner des machines de séchage des produits de boulangerie recyclés intégrés à la nourriture pour porc. "La nourriture contaminée a été livrée à 10 élevages de porcs et 38 élevages de bétail en Irlande ainsi qu'à 9 élevages de porcs en Irlande du Nord", a précisé Mme Papadoulaki. Les 38 élevages de bétail sont confinés et Bruxelles attend pour mardi des éléments sur la possible contamination de la viande de boeuf, a-t-elle ajouté. La Commission a aussi demandé aux autorités britanniques de fournir "au plus tard aujourd'hui" mardi des détails sur "les actions" qu'elles vont prendre concernant les fermes touchées en Irlande du Nord et la viande contaminée. Même si la commissaire à la Santé Androulla Vassiliou a assuré lundi qu'une exposition courte à la dioxine n'entraînait pas de risque pour la santé humaine, Bruxelles attend malgré tout pour mardi soir ou mercredi un "avis" de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les risques de cette viande de porc et des produits composites. L'alerte a été lancée samedi soir après la découverte, lors de contrôles de routine fin novembre, de traces de polychlorobiphényles (PCB), un polluant généralement assimilé à de la dioxine, dans de la graisse de porc provenant de neuf élevages irlandais. Les PCB sont des polluants organiques persistants et probablement cancérogènes. D'autre part, la Commission a évoqué mardi les possibilités de compensation existantes pour les éleveurs touchés par la contamination, précisant qu'ils ne pouvaient prétendre à des aides européennes, mais que l'Irlande pouvait elle les aider, sous certaines conditions. "Il n'y a aucune base légale selon laquelle nous pouvons payer des compensations pour les destructions de viande liées à ce problème. Mais il a des possibilités pour des aides d'Etat, c'est-à-dire de l'argent national", a ainsi indiqué Michael Mann, porte-parole de la Commission chargé de l'Agriculture. "Ce que l'Irlande pourrait faire, c'est soit payer à chaque fermier jusqu'à 7.500 euros sur trois ans, sans en informer la Commission au préalable. Soit elle peut payer la compensation jusqu'à 100% si elle peut prouver que c'est un cas exceptionnel", a-t-il ajouté. Cette crise est un nouveau coup porté à l'économie irlandaise, la première en Europe à être entrée en récession, alors que la filière de la viande de porc représente quelque 6.000 emplois.
|
© 2008 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.
|