Dans la grande distribution en France, les ventes de volailles ont baissé d'environ 25% la semaine dernière par rapport à la même période de 2004, a annoncé mercredi le président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), Jérôme Bédier.
Toutes sortes de volailles, du poulet à la dinde, sont à peu près également touchées. Mais les baisses enregistrées sont très variables, de 30% à 45% pour les poulets entiers et même jusqu'à 50% dans une enseigne pour les poulets à rôtir. En revanche, les produits à la découpe (cuisses, ailes) n'enregistrent des diminutions que de 15% à 20% et les produits élaborés une baisse uniquement de 10%.
Les Grecs aussi se méfient des volailles. Les ventes de poulets ont chuté de 50%, selon l'Union des bouchers grecs.
Le marché de la viande a mis deux à trois ans avant de surmonter les conséquences de la "maladie de la vache folle". En ce qui concerne la grippe aviaire, "nous espérons que les ventes de poulets reprennent d'ici Noël", explique l'Union.
"C'est une catastrophe, les gens ne mangent plus que du porc", constate Yannis Valsamakis, chef d'une rôtisserie du centre d'Athènes. Parmi ses clients, seul un couple a commandé du poulet, aux autres tables, il n'y a que des brochettes de porc.
A Rome, le secteur avicole a enregistré une baisse des ventes de 20% à 50%.
Les Belges ont, eux aussi, diminué leurs achats de poulets, dindes ou canards. La volaille, les produits dérivés et les plats préparés qui en contiennent, ont subi des baisses de ventes entre 20% et 25%, indiquaient mercredi les professionnels du secteur.
"L'américain préparé", une spécialité belge consistant en un tartare de boeuf agrémenté de câpres, de persil, de petits oignons, de mayonnaise, suscite des interrogations en raison de l'oeuf cru qui s'y ajoute.
Pourtant, l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), basée à Parme, en Italie, a affirmé mercredi que "rien ne démontrait" que le virus de la grippe aviaire pouvait à l'heure actuelle se transmettre à l'homme par la consommation d'oeufs et de volailles.
Ailleurs, les réactions sont plus sereines. Des restaurateurs allemands interrogés par l'AFP ne voient pas de changements de comportements dans les habitudes alimentaires de leurs clients et ne sont pas vraiment pessimistes depuis l'interdiction des importations de volaille en provenance de l'Asie.
La directrice du restaurant-brasserie Gaffel Haus, Britta Brandt, continue à proposer sur son menu d'hiver, comme chaque année, "les plats traditionnels à base d'oie, très prisés à l'approche de Noël".
Au Französischer Hof, grande brasserie du centre de Berlin, le directeur du marketing Werner Uwe affirme : "si on devait faire attention à tous les risques de contamination, entre le boeuf, le lait et maintenant la volaille et les oeufs, on ne mangerait plus rien".
D'autres restaurateurs ont pris la précaution de changer quelque peu le menu : "salade césar" sans poulet, filet de boeuf à la place d'un magret de canard...
Les Tchèques, traditionnellement des mangeurs de viandes rouges, ne semblement pas paniquer eux non plus. Sur le marché Holesovice, le plus grand en plein air à Prague pour les aliments frais, les vendeurs interrogés n'ont pas remarqué de changements dans les habitudes de leurs clients. "Les ventes sont les mêmes", explique Petr Plukar qui tient un stand proposant du poulet et des oeufs.
Même constat aux Pays-Bas : la consommation de viandes de volaille (poulet et dinde) et d'oeufs n'a connu aucune baisse significative au cours des deux dernières semaines, selon le le Groupement interprofessionnel du bétail, des viandes et des oeufs (PVE).
A Londres, la porte-parole de la plus grande chaîne de supermarchés affirme que les ventes restent inchangées. "Tout nos poulets et dindes frais sont élevés en Grande-Bretagne. Nous le signalons dans nos magasins pour rassurer les clients", explique-t-elle.
En revanche, la panique semble avoir saisi les consommateurs à Zagreb. "Depuis dimanche, je n'ai pas vendu un seul oeuf", constate, amer, Blazenka, qui tient un stand à Dolac, grand marché ouvert connu comme "le ventre de la capitale" croate.
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